Nelson

J’ai découvert Nelson Algren en préparant ce voyage.

Je connaissais l’adaptation de son roman L’homme au bras d’or, sans me souvenir que l’histoire se passait à Chicago.

Jouant un vétéran polonais-américain à la dérive, qui débarque en bus dans le Polonia Triangle après une cure de désintoxication, Sinatra puise dans ses origines de marlou de la famille Genovese pour endosser le rôle de Frankie Machine face à la caméra d’Otto Preminger.

Cette adaptation au cinéma, c’est souvent ce que l’on retient de Nelson Algren, en dehors de Chicago, bien que ce film n’ait pas reçu son approbation,  il en dit d’ailleurs bien du mal – à cause de changements dans les personnages et le renversement total de la fin du récit.

The voice en crise de manque dans l’Homme au bras d’or

En France, on connaît surtout Algren pour avoir été l’amant misogyne de Simone de Beauvoir (voir le recueil du Castor,  Lettres à Nelson Algren).

Algren a perdu de sa renommée propre, pour retomber aux États-Unis et en Europe dans les limbes littéraires. Bien que régulièrement réédités, principalement chez Gallimard dans diverses collections mais aussi chez 10/18 et feu 13e note, ses textes sont peu connus chez nous. Mais à Chicago, il est de toutes les librairies et bibliothèques. Tout comme Koltès à Metz, la gloire locale se vit mieux mort (dans les années 60, il était encore impossible de trouver les ouvrages d’Algren à Chicago). Et le livre dont je vais parler maintenant a été activement décrié et détruit sur place, restant longtemps introuvable.

J’ai évidemment lu Chicago, le Ciel et l’Enfer aka Chicago: City on the Make, qui a été publié en français cette année chez Bartillat, et en 1951 en anglais. Le livre sent l’amour de l’asphalte et des bars miteux et recèle une intuition particulièrement fine – et donc désabusée – du devenir de la cité. L’ouvrage est préfacé par son ami Studs Terkel,

Né à Détroit, il grandit à Chicago et y passe l’essentiel de sa vie. Il vole une machine à écrire et passe quelques mois en prison alors qu’il a vingt-quatre ans. Nelson Algren finira sa vie dans l’État de New York après avoir quitté la ville du vent suite au reportage effectué  sur le procès de Hurricane Carter pour Esquire. (On retrouve une version romancée de l’histoire de Carter issue de ce reportage qui si j’ai bien compris n’a jamais été publié, dans The Devil’s stockings).

Les citations d’Algren sur Chicago abondent. Mais je crois, qu’au delà des phrases grandiloquentes et fleurant bon le sexisme de base, c’est la façon dont il décrit, en partant de l’histoire des ligues de vertu anti-alcooliques l’hypocrisie globale qui me frappe ici dès les premières déambulations. C’est aussi comment il raconte le scandale des White Sox, en faisant le lien entre cette histoire de tricherie et de pari et le fond de l’air sur cette rive du Michigan. Say ain’t it so, Joe.

Chicago est une ville sécuritaire et bigote, avec des lieux de culte  et des policiers à tous les coins de rue, dans laquelle il est interdit de boire de l’alcool dans les parcs, mais où l’on peut faire un feu pour griller des saucisses (après avoir payé un permis si tu as une famille un peu trop nombreuse). Une ville avec des croix sur la façade, des bannières étoilées à en gerber et la plus grande police privée des États-Unis pour garder les étudiants de Rockefeller bien au frais. (La juridiction de l’UCPD s’étend de la 37ème rue au Nord à la 64ème rue au Sud et de l’avenue Cottage Grove jusqu’au lac Michigan, soit environ six miles carrés.) Si tu as 21, pas d’alcool pour toi, mais tu peux traîner dans un bar qui sert de la nourriture si tu ne t’assieds pas au comptoir et tu peux bosser comme un chien à la caisse de chez Walgreens, mais si ton client achète de l’alcool, tu dois appeler un responsable – et flippe dès que le mot bière apparaît même si ta cliente t’assure que la ginger beer est un soda et que c’est marqué dessus (c’est du vécu).

Algren décrit la scène artistique et littéraire des années cinquante de manière féroce. Il y a bien Richard Wright dont il vante le talent, mais qu’il pourfend car il a quitté la ville pour rejoindre la scène germanopratine et essayer d’y montrer patte blanche. Algren, chicagoen voyageur et fin observateur savait que l’écrivain existentialiste bien que devenu français allait ressortir de la traversée encore plus amer.

Le Chicago sans scrupule et ségrégé, toujours à la recherche d’une gratification (sexuelle ou financière) d’Algren n’a pas de mémoire, et balaye sa population, ses bâtiments, au gré du vent venu du lac Michigan.  » (…) (P)ourquoi se préoccuper de savoir si dans sa course contre le temps Chicago dégringole ou progresse, tant que la course continue. »

La Windy City, je le comprends maintenant que je suis ici, est bien un « passager ivre qui ne se rappelle pas où il est monté ni à quelle station il doit descendre ». Une ville qui renaît perpétuellement de ses cendres et vit en commercialisant les fantômes de son passé. Qui glorifie ses vieux devenus inoffensifs et dresse des stèles aux lettres dorées à ses morts.  Un peu comme Metz, quoi.

Lire : https://thebaffler.com/salvos/lost-on-nelson-algren-avenue
Écouter : https://studsterkel.wfmt.com/programs/interview-nelson-algren-and-fred-hogan

Le guide

En attendant le début de la conférence organisée par la société d’histoire de Hyde Park (Chicago), les Amis des Parcs et l’association Héritage de Dusable, à laquelle j’ai assisté, médusée, cet après-midi, je suis tombée sur The Guide to Subversive Organizations and Publications, dans son édition de 1951.

Un livre qui résumera la teneur de mon week-end : archives et collections, mémoire et histoire, vie privée, surveillance et droits civiques.

Le guide est un des exemplaires d’une série de publications produites par le charmant House Committee on Un-American Activities, un organe qui s’occupa de 1938 à 1975 de la surveillance des activistes gauchistes et communistes. Complémentaire à la vendetta de McCarthy, le travail de la HCUA, crée initialement pour suivre l’activisme nazi américain se concentra presqu’essentiellement sur la surveillance des citoyens américains soupconnés de sympathie communiste, des japonais et des militants pour les droits civiques, délaissant le suivi du KKK, au prétexte qu’il était après tout une institution traditionnelle bien américaine.

C’est cet organisme qui est à l’origine de la liste noire d’Hollywood.

Le guide se propose, en plus de lister des organisations repérées pour leur couleur rouge écarlate, de donner des clefs pour apprendre à reperer ce qu’est un Front communiste, à base de citations de Lénine et de Staline. On y dénombre essentiellement de noms d’associations, d’écoles, de groupes de jeunesse et de syndicats, de librairies … et le groupe les Almanac Singers.

J’avais oublié que les Almanac Singers, le groupe de Woodie Guthrie et Pete Seeger s’était retrouvé sous le coup d’un suivi particulier à cause de ses chansons pacifistes et de ses apparitions et concerts de soutien aux ouvriers et syndicats et autres groupes anti-guerre.

Mais c’est surtout leurs chansons contre la mobilisation des troupes américains en 1940/41 qui les mis sur la sélète. Les Etats-Unis, encore en dehors du conflit mondial, se sont en partie servis de la conscription comme moyen de lutte contre le chômage massif qui menaçait la paix intérieure américaine. Un véritable front populaire de forces de gauche (syndicats, pacifistes, groupes anti racistes) s’étant progressivement mis en place, les idées socialistes et communistes gagnaient donc du terrain. Et les chansons des Almanach singers, leur servaient de bande son.

Parmi les membres du groupe, ils purent compter Bette Lomax, la soeur du fameux Alan et Josh White, le bluesman afro-américain, fondateur des protest-songs avec ses hymnes anti Ku Klux Klan et cible malheureuse des élans des maccarthistes. White enregistra avec eux leur premier album.

Une autre figure remarquable du groupe, Will Geer, fut le compagnon et mentor politique de Harry Hay, militant syndical, membre du pc américain et l’un des fondateurs de la Mattachine Society, un des premiers groupes militants gay autosuffisant. Hay fut aussi un des fondateurs du Front de libération homosexuel américain et des Radical Faeries.

Ramifications

La difficulté principale du blogging, et c’est pour ça que je n’ai jamais réussit à maintenir ce type d’exercice sur la longueur, c’est la régularité que ça nécessite. Et, ceux qui me connaissent le savent, ce n’est pas que je n’y pense pas, bien au contraire, mais j’ai besoin d’abord de repasser tout en revue mentalement — d’aucun dirait de ruminer — avant de me lancer. Une fois prête, alors ça va assez vite. On appelle ça semble-t-il la meta-cognition, le fait de penser sur la pensée, ça va mieux en le disant.

J’ai donc plusieurs billets en préparation dans ma tête, mais alors que la Belgique vient de marquer un premier but dans la petite finale de la Coupe du Monde de football, et accumulent les occasions ratées devant les buts anglais, je tente le billet spontané.

Sur la California Avenue

En parlant de technique cognitive vue comme contribuant à la survie humaine, j’ai rencontré hier soir la jeune artiste Ireshia Monet, dont le travail sur la résilience touche à la fois la mémoire, la transmission, les traumas et les stratégies individuelles et collectives d’autonomisation et de réparation.

Sa série photographique, The pearls my mother gave me, évoque les transmissions traumatiques, la violence transmise comme un héritage, comment gérer les équilibres entre ce qui doit être dit et les silences.
Il y a ce qu’on (re)garde et ce à quoi on tourne le dos.

© Ireshia Monet

Son travail, et ce qu’elle en dit, m’a beaucoup fait penser à celui d’un des participants de la formation Ateliers des horizons de l’an passé, Yves Monnier qui travaille, en tout cas c’est comme ça que je le comprends, sur la résilience. (Son site ne rends pas compte de tout ce qu’il a au travail sur ce sujet, il va falloir me croire sur parole). On a fini nos échanges, Ireshia et moi, en parlant de neurosciences et de Cyrulnik, celle-là non plus je ne l’avais pas vue venir.

Sur les murs de la bibliothèque Read/Write

Ce qui est drôle dans cette rencontre, c’est qu’on s’est retrouvée par hasard à la Read/Write library, alors qu’on avait échangé des mails dans l’après-midi à propos du Transmedia Story Lab, sans que je sache qu’elle était bénévole photo pour le festival Chicago Archives + Artists.

Ma mère dirait qu’il n’y a pas de circonstances fortuites.

Parce qu’évidemment, des rencontres sur les archives à mon projet de résidence, tout à avoir avec la mémoire et la transmission en ce moment. Qu’elle soit collective — comment garder la trace de l’histoire populaire, de la vie quotidienne, des mobilisations des minoritaires et exclus. Ou qu’on aborde la mémoire individuelle, personnelle, familiale. De quoi se souvient-on quand oublie tout ? A ce que nous disent les vivants, ce que nous laissent les morts.

© Mathieu Drouet
© Mathieu Drouet

Il y a aussi le travail de Mathieu Drouet, toujours en cours, sur Terreneuve et la bataille de Monchy-le-Preux. Il y cette expo du Dusable. Il y a les actives archives de Constant. Il y a Vincianne Despret.

Il y a tellement de ramifications.

Enfin, bon, on va encore me dire que meta-cognitionne là et c’est la mi-temps. Il est temps que je me douche et que je mette en route pour la seconde journée du festival sur les archives à Chicago.

 Vévé (J-3)

Puisque je pars dans 3 jours, et que je vis très bien l’attente, je me suis prise de passion subite, pour les vignes vierges. Enfin, pour la dévitalisation des vignes vierges. Ou plus prosaïquement, les méthodes disponibles pour éliminer cette plante de merde.

Mon histoire avec cette plante grimpante à feuillage caduc, a commencé lors de mon déménagement dans ce joli appartement en rez de chaussée, bien au dessus de mes moyens. Maison cossue, presque bourgeoise et petit jardin.

Très joli, l’été. Propice à la détente et aux apéros de début de soirée, un peu d’ombre, juste ce qu’il faut de fraîcheur, et cette impression d’être un peu ailleurs, comme hors de la ville. La plante crée comme un matelas mural moelleux qui assure un atmosphère printanière lors des grandes chaleurs.

Mais ça c’était avant que Vévé, c’est comme ça que j’appelle ma vitacée, ne se décide à s’établir définitivement sur tout le petit bout de terrain. Depuis qu’elle a décidé que chez moi c’était en fait chez elle, adieu les saucisses grillées, les rêveries au fond de mon filet yucatèque.

Vévé, tout le monde la trouve jolie, radieuse, épanouie. Je sens l’envie dans les commentaires de mes amis, elle est magnifique ta plante grimpante. Je n’ose plus dire le fond de ma pensée, de peur de vexer Vévé, elle est susceptible et irascible, donc je me tais.

J’ai commencé à m’y attaquer simplement en mettant au sol ses repousses vertes, empêchant ses ventouses de continuer leur ascension des murs mitoyens. Mais ce fut comme si je leur avais donné un coup de semonce et avait déclaré la mobilisation de l’ensemble des vrilles.

Sans avertissement. Sans hymne ni fanfare, la guerre était déclarée. C’est comme si cette mise à bas, cette première tentative de coupe, Vévé l’avait prise comme une insulte à sa force. Comme si j’étais Dalila, coupant les cheveux de Samson ou un des philistins l’offrant en sacrifice à Dagon.

Je sais qu’il est ridicule d’affirmer que mes intentions de départ étaient claires. Je voulais dégager les mèches sur le devant, tailler un peu sur la nuque puisqu’il s’agit de continuer dans la métaphore capillaire. Mais ça, c’était avant.

Aujourd’hui, je suis prête à l’abreuver de glyphosate, à faire couler le poison dans tous les trous que je m’apprête à percer maintenant dans ses troncs, à braver tous les règlements communaux, à l’asperger d’alcool et de white spirit et à lui mettre le feu. Et si les liquides inflammables ne suffisent pas, je préparerais un cocktail de savon résine, de terpène et d’autres hydrocarbures “naturels” qui s’insinueront en elle lentement mais sûrement, jusqu’à ce qu’elle en crève.

J’entends déjà les lourdauds faire des commentaires de forum internet sur la pureté de Vévé. Ou alors sur ses origines chinoises supposées. Silence les fachos.

Le premier qui l’ouvre se prend une cognée.

J’ai demandé de l’aide, ai fait venir une équipe de professionnels qui l’ont ratiboisée l’an passé. Mais à bout de souffle, après s’être battus, avec leurs tronçonneuses, leurs haches, leurs tailles-haies, sous le semblant de place nette, les déracineurs n’ont pas tout enlevé.

Et Vévé, s’est relevée. Ses racines profondes, vieilles comme le monde, ont fourragé la terre, creusé de nouveaux canaux, et elle est repartie de plus belle. Car Vévé se fout de la photosynthèse. Elle n’a pas besoin de la pluie.

J-3, alors que je devrais m’inquiéter de préparer ma valise, de régler mes dernières démarches administratives, je passe mes journées à couper, à extirper, ce que je peux de Vévé.

Il est facile aux visiteurs de commenter. Tu devrais mettre une bâche, il faudrait couper, tu pourrais faire un potager.

Mais pour mettre une bâche, pour couper, pour déraciner, pour potager, pour venir à bout de la plante récalcitrante, les tu devrais et les il faudrait ne suffisent pas. C’est comme si Vévé, n’était pas juste une plante mais qu’elle était le dernier signe de vie, un cafard d’après les explosions nucléaires.

Dès que je ferme les yeux, je la sens, je la vois sans la voir. Je ne pense plus qu’à elle.

Chaque nuit, je rêve que je sens ses ongles, ses foutues vrilles, que j’entends l’aspiration, le plop qu’elles font quand elles s’arrachent pour s’agripper plus haut, pour avancer plus loin, pour recouvrir l’espace que j’ai dégagé le matin.

A la merde, l’écologie. Faire des trous et les remplir d’ail ou de sulfate d’ammonium ! Je vais dégainer la sulfateuse, brandir la hache, sortir la tronçonneuse, oui ! Je vais t’en balancer du gros sel moi, et sur ta tronche, le hippie. De la chaux dolomitique ! Je vais te la faire grignoter la souche, et je jouerai de la flûte de pan pendant ce temps pour que ça fasse plus naturel. Et ça durera de deux à quatre mois pour laisser du temps à Vévé de mourir en douceur ! Sur le palan que je ferai avec des étais de maçon, c’est toi que je vais remonter comme l’ascenseur de la Tour Eiffel. Je vais t’écobuer la tignasse, mais avant je te ferais bouffer les vers, je t’emballerai dans un sac de plastique noir pour t’empêcher de repousser, je te perturberai les endocrines, je te rendrai résistant, je te modifierai génétiquement à toi qui me propose de “ bêtement sarcler”. Merci, j’y avais pas pensé !

Je vais asperger Vévé d’un biocide à large spectre ! Je vais en épandre partout et me rouler dedans! Pré-levée, post-levée, racinaires, total, je vais tous les utiliser. J’ajouterai de l’insecticide, du shampoing antipoux et de l’antimite, qu’est-ce que j’en ai à foutre de la biodiversité, moi je ne veux plus qu’une chose, à J-3 : faire dégager Vévé.

 

 

J-7

I think i should be in a hurry, but i’m not sure about what yet.

Hyde Park Records - Devanture
Hyde Park Records – Devanture

I’ve been browsing Chicago’s records shops, early this morning, while thinking i should probably try not to pay too much attention on them if i want to stay within my residency budget.

I have dedicated an instagram account to the three forthcoming months.

And i opened this medium blog. I am usually more into free software and self hosted platforms, but this time i thought that having an app attached to my blogging attempt could be a good idea. Because i’m not so good at maintaining a blog of any kind. Not to mention writing articles with any kind of regularity.

I plan to read and review a couple books while counting days until my flight. I’m browsing the Hyde Park Herald website for news and i hope i will find a way to attend the Silver Room block party in Hyde park. I’m trying to figure out what part is considered South side, South Kenwood, East side, Bronzeville or Washington park. I think for now, i’m a bit lost. Someone said that i should watch shameless usa.

I have multiple concerns : do i take one or two weeks of clothes in my suitcase, what kind of books i’ll be missing, do i have everything set on papers level. I also have to tell a bunch of people that i’m on my way.

And i try my best to rest and close all opened work issues. I have to plan some meetings for the days after my arrival.
It is contradictory, i know.

R.Lukaku

Rest and work.

And, there’s the world cup. I only had time to watch a couple of soccer matchs (but all those of Belgium of course). If interested about the Red devils, please have a look on this Romeo Lukaku’s interview for The player’s tribune.

 

I have refilled my stock of ventolin. I’m planning to go on a vegetarian and/or healthy diet for three months. Of course, i’ll move my body.

What is good with planning is that you can fill it forever. I’m in my favorite stage of procrastination. I wait.

And while waiting, in between naps and essential documentaries and vlog watching, about Nicolas Tesla or diy electronics, i spend countless hours listening to the Studs Terkel radio archive : https://studsterkel.wfmt.com/.

Studs Terkel

And somebody told me it will have something to do with what is going to happen next.